Étude de rentabilité

  • Dans cette page, vous trouverez les réponses aux questions suivantes :

N°1, 65, 67, 110, 111, 129 & 208

1

Je souhaite faire l'acquisition d'un hôtel particulier offrant, après travaux, de 12 à 15 chambres :

  • Je voulais savoir si je peux le transformer en hôtel ou dois-je rester en catégorie "chambres d'hôtes" ?

  • En fonction de la réponse pouvez-vous me dire pourquoi et quels sont les avantages de l'un ou de l'autre ?

Daniel Gillot :
"Vous vous interrogez sur la vocation à donner à l'hôtel particulier que vous envisagez d'acheter : hôtel ou chambres d'hôtes, pour une quinzaine de chambres. Ce sont deux approches totalement différentes, deux métiers complètement différents.
Ne connaissant ni la région où peut se situer ce projet, ni son environnement (urbain, campagnard, montagne, mer...), ni vos propres objectifs à moyen et long terme, je ne pourrai vous donner que des éléments relativement généraux, pouvant être ultérieurement affinés, si besoin est.
Résumons cependant succinctement les deux volets de l'alternative :

  • SOLUTION HÔTEL :

    • Vous créez une société (SARL, SA, unipersonnelle...) qui est propriétaire du bien et l'exploite en hôtel, mais vous pouvez avoir une double structure : l'une (genre SCI) propriétaire qui loue à une société d'exploitation - que vous contrôlez totalement, partiellement ou pas du tout.
    • Avec une quinzaine de chambres, toutes les obligations en termes de sécurité s'imposent à vous car l'hôtel sera un ERP (établissement recevant du public).
    • Vous aurez aussi toutes les contraintes dans le domaine social (convention collective, locaux pour le personnel, présence de personnel 24h./24).
    • Vous devrez fournir différentes prestations en fonction du classement (point suivant) mais en tout cas la possibilité d'un petit déjeuner.
    • Vous devrez obtenir de la commission départementale le classement en catégorie de 0 à 4 étoiles luxe (avec restaurant à partir de 4* - voir article sur lhotellerie-restauration.fr).
    • Et vous devrez obtenir des différentes commissions (sécurité, hygiène, Inspection du travail...), les autorisations nécessaires - tout ceci n'est pas très compliqué, si les problèmes sont pris en amont.
    • La commercialisation pour une petite unité (15 chambres, en l'occurrence), n'est pas très facile, le coût d'approche étant relativement important. Une affiliation à certaines chaînes volontaires permet d'obtenir, à coût modéré, une assez bonne activité.
  • SOLUTION CHAMBRES D'HÔTES :

    • Il doit, en premier lieu s'agir de votre foyer, dont vous réservez une partie à une clientèle de passage qui va "vivre chez l'habitant" : dans la charte des Gîtes de France, "le propriétaire assure obligatoirement l'accueil des hôtes" et doit être personnellement disponible 7 jours sur 7, comme quand on reçoit des amis à la maison.
    • C'est considéré comme une activité complémentaire de votre activité principale et pas comme votre activité principale.
    • La promotion se fait, bien sûr, par le "bouche à oreille" mais pour l'essentiel par un organisme dépendant de la Fédération des Gîtes de France ou des chaînes volontaires développant des réseaux ainsi que l'inscription dans des guides : mais l'activité, très saisonnière, suit le plus souvent les rythmes des vacances, sauf à trouver des animations à thème (pêche, neige, équitation, golf, vignoble...).
    • Il n'y a aucune règlementation spécifique, mais des normes éditées par la Fédération des Gîtes de France quant aux surfaces, éléments de confort, etc.
    • Capacité : généralement les fédérations concernées fixent à 6 le nombre de chambres complémentaires du logement, mais il n'y a aucune obligation règlementaire stricte. Par contre dès que la capacité excède 5 chambres les obligations des "Établissements Recevant du Public" s'imposent dans le domaine de la sécurité - comme pour un hôtel.
      Mise à jour août 2007 : le Décret n° 2007-1173 du 3/8/07 limite à cinq le nombre de chambres d’hôte possibles chez l’habitant.
    • Certaines fédérations de chambres d'hôtes, font également des classifications par "épis" (1 épis, 2 épis, etc.) pour distinguer le niveau qualitatif.
    • Le personnel peut être considéré comme des "emplois à domicile".
    • Régime fiscal : "Considérée comme une opération commerciale sur le plan fiscal, la location des gîtes et chambres d'hôtes produit des revenus imposés au titre de l'impôt sur le revenu dans la catégorie des BIC non professionnels, bénéfices industriels et commerciaux non professionnels, ou au titre de l'I.S., impôt sur les sociétés pour les sociétés commerciales" (source Fiche de l'APCE - avril 2003).
    • Une inscription au RCS peut être souhaitable : en absence de toute jurisprudence précise, ceci est à considérer au cas par cas.
    • Les locations sont exonérées de la TVA, mais les locaux sont assujettis à d'autres taxes (source CCI de Paris).
    • Dans certains départements et certaines zones, la création de chambres d'hôtes peut bénéficier de subventions.

Voici qui, je l'espère, vous donne des premiers éléments de réponse à la question que vous vous posiez, pour résumer :

  • il peut s'agir de votre résidence principale et d'une activité annexe, dans ce cas, l'hypothèse de la création de chambres d'hôtes mérite d'être étudiée plus avant ;

  • il s'agit de créer une activité spécifique devant se rentabiliser elle-même avec une quinzaine de chambres, c'est à un hôtel qu'il faut penser et c'est pour un hôtel qu'il convient de faire une étude de marché et une étude de faisabilité.

65

J'ai comme projet d'ouvrir des chambres d'hôtes, ce qui constituerait ma seule source de revenus.
Je souhaite également ouvrir une table d'hôtes qui destinée aussi à une clientèle extérieure. J'ai d'ailleurs bien pris note de vos différents conseils avisés à ce sujet.
N'ayant que peu de moyens financiers, il me semblerait plus judicieux de reprendre une activité de chambres d'hôtes afin d'être plus crédible auprès des banques, mais je ne sais pas du tout vers qui me retourner.

  • Comment puis-je trouver des offres de reprise d'activité sérieuses ?

  • Pensez-vous que ce type d'exploitation soit suffisamment fructueux pour espérer en vivre ?

Je ne suis pas sûr de bien comprendre votre question : plutôt que de créer des chambres d'hôtes, il vous paraîtrait préférable d'acheter une exploitation existante ? Est-ce bien cela ?

Bien sûr ceci peut se faire mais, à ma connaissance, il n'existe pas de marché, de transactions organisées pour ce genre d'opération.

Par ailleurs, comme par définition, les chambres d'hôtes doivent être un prolongement du domicile personnel, la transaction est d'autant plus difficile que les propriétaires dont cette activité est souvent une activité complémentaire devraient déménager.

Dans son document "Ouvrez un gîte rural" l'APCE évalue le taux de reprise - entre chambres d'hôtes et gîtes ruraux - à environ un 1/10° du taux de création : ce qui n'est pas énorme, mais démontre que ceci existe malgré tout.

Quant à la rentabilité dont vous parlez, il faut être très prudent si vous devez vivre de cette exploitation : tout dépendra de la région dans laquelle vous serez ; la Fédération Nationale des Gîtes de France, citée dans le même ouvrage, estime que la location moyenne, pour l'ensemble de la France, a été de 14 semaines en 2002, avec une durée moyenne de séjour de 3 nuits.

Ce qui, selon le niveau tarifaire, doit faire un chiffre d'affaires annuel inférieur à 5 000 € ce qui peut permettre l'amortissement et un revenu complémentaire mais sûrement pas d'en vivre ; DONC TOUT DÉPEND DE LA RÉGION et de votre commercialisation.

Quant à votre "table d'Hôtes ouverte aux clients de passage", je vous rappelle que cela s'appelle un restaurant (voir mes réponses de la page "Table d'hôtes" aux questions Q50 à 52).

67

Je souhaite créer des chambres d'hôtes mais je souhaite l'envisager comme activité principale.

  • Est-ce possible ou pas ?

  • De plus, est-ce possible d'exercer cette activité en étant locataire du lieu ?

Impossible de répondre d'une façon générale à votre première question "la création de chambres d'hôtes peut-elle devenir mon activité principale ?".

Sur un plan légal, administratif, bien sûr ; mais je comprends votre question comme étant : vais-je tirer assez de revenus de mes chambres d'hôtes pour en vivre ?
Comment voulez-vous que je le sache ? Il faut faire une petite étude sur le marché, la concurrence, la saisonnalité de votre région... quel loyer, quels emprunts, savoir si ce projet se situe dans un cadre agricole, combien de chambres vous envisagez, quel est l'investissement que vous devez faire, etc., etc.

Cette étude peut être faite par vous-même ou par un cabinet de conseils : vous ne pourrez répondre à votre question qu'après cette étude.

Quant à votre seconde question : oui, vous pouvez ne pas être propriétaire des lieux pour monter une exploitation de chambres d'hôtes, mais devez :

  • d'une part avoir l'autorisation de votre propriétaire car vous allez modifier la nature de votre bail : ce ne sera plus un bail de location habitation, mais allez lui donner aussi une vocation commerciale ;
  • et d'autre part devez avoir des garanties sur la durée de ce bail et son renouvellement afin que votre affaire puisse être pérenne.

Complément à Q67

Concernant la possibilité de faire de cette activité mon activité principale, je pensais surtout aux caractéristiques de ce qu'est une chambre d'hôtes aux yeux des Gîtes de France, à savoir "une activité complémentaire, un complément de revenu". C'est à cela que je pensais. Merci

L'information que vous citez sur la position qu'auraient les Gîtes de France sur le fait que l'exploitation de chambres d'hôtes serait "une activité complémentaire, un complément de revenu" sans pouvoir être une activité principale n'est pas un dogme mais, je crois, un simple conseil de prudence afin d'informer ceux qui pourraient penser "vivre" de cette seule activité.

Tout dépend du nombre de chambres, des investissements nécessaires, de la situation du "produit", du marché...

Je vous rappelle avoir déjà cité les dernières statistiques communiquées, à ma connaissance, par les Gîtes de France, 2002 : 37 % de taux d'occupation moyen annuel.

Pouvez-vous faire plus ? Avec un taux analogue, voire plus bas, pouvez-vous arriver à l'équilibre ? En tirer un revenu ?

110

Nous avons un projet d'acquisition d'une ferme avec dépendances en Isère (nord Isère). Nous souhaitons en faire notre résidence principale et créer 4 gîtes et une chambre d'hôtes.

  • Comment peut-on connaître le taux d'occupation des gîtes en Isère, le seuil de rentabilité du projet, les subventions possibles dans notre région et les aides de l'ANPE et des ASSEDIC (un de nous va très prochainement être demandeur d'emploi) ?

  • Peut-on donc en dégager un salaire ?

Vous posez plusieurs questions :

  • je n'ai aucune information sur le taux d'occupation des gîtes en Isère ; peut-être le Comité Départemental du Tourisme (CDT) pourra vous donner des informations, mais je ne suis pas sûr que ces informations soient agrégées dans toutes les régions ainsi que l'antenne des Gîtes de France (Maison des Agriculteurs PB 2646 – 38036 Grenoble Cedex 2 – 04.76.20.68.13) ;

  • les subventions peuvent être attribuées par le Conseil Départemental ou le Conseil Général et/ou la Chambre d'Agriculture ; votre chambre de Commerce et d'Industrie, par le biais du Centre de Formalités des Entreprises (CFE) peut vous donner les informations, les contacts, voire vous aider à préparer vos dossiers ;

Voir le Blog des Experts Subvention en hôtellerie par Catherine Avignon
À noter aussi que selon les départements ou les régions, les subventions pour les études concernant un projet de rénovation ou de création peuvent aller jusqu’à 80 % du montant des études avec un plafond raisonnable.

  • quant au seuil de rentabilité sur lequel vous nous interrogez, il faut, pour que je puisse vous répondre, étudier le "marché" vers lequel vous voulez vous tourner, le montant de vos investissements, les charges diverses de votre projet ; une étude précise doit pouvoir être faite pour répondre à cette question ainsi qu'à la suivante sur la possibilité de dégager un salaire.

En conclusion, je ne peux pas à ce stade, avec le peu d'information que je possède et, je pense, le peu d'information que vous avez, vous encourager dans votre projet sans une étude complète.

111

J'ai donc 28 ans, je suis belge et j'aimerais m'installer en France afin d'ouvrir un gîte. J'ai deux enfants : j'aimerais savoir comment je dois faire car je suis un peu perdue administrativement.

  • Vais-je pouvoir emprunter de l'argent ?

  • Si oui dois-je le faire en France ou en Belgique auprès des banques ou bien existe-t-il des endroits qui aident à la création d'un gîte ? Je vois mon endroit comme une ferme avec quelques animaux, des ateliers de bricolage avec les enfants et 3 gîtes. Avez-vous une idée du budget ainsi que des formations et diplômes que je dois posséder ?

  • J'aimerais vraiment aller au bout de ce rêve et mon but n'est pas de faire richesse mais de connaître une vie riche de bien être et de rencontres de douceur de la France... J'aimerais aussi être labellisée par les Gîtes de France. Comment cela se passe-t-il ?

  • Dois-je leur donner un pourcentage ?

L'essentiel des actions à entreprendre se trouve explicité dans les réponses aux questions précédentes (Q43 / Q55 / Q68) ; je développe ci-dessous les autres points que vous abordez :

  • en ce qui concerne l'emprunt à effectuer, vous pouvez tout aussi bien vous adresser aux banques belges qu'aux françaises : d'un côté, une banque qui vous connaît, dont vous êtes cliente depuis des années sera peut-être plus encline à vous aider, d'un autre côté, une banque proche du lieu de votre investissement pourra être sensible à son intérêt et intéressée par la perspective de vous avoir comme cliente ;

  • il est impossible d'avoir une idée du budget nécessaire pour le projet intéressant que vous dépeignez, tout ceci dépend beaucoup trop de la région et du coût du foncier dans le secteur ;

  • légalement aucun diplôme particulier n'est nécessaire pour entreprendre ce type d'activité ; mais je ne peux que vous recommander très fortement de faire une étude de marché et une étude de rentabilité pour que ce "rêve" ne devienne pas un cauchemar par défaut de rentabilité ;

  • les "Gîtes de France" (59, rue Saint-Lazare - 75 439 Paris Cedex 09 - 33 1 49 70 75 75 - www.gites-de-france.fr) possèdent 96 antennes départementales qui pourront étudier votre projet, en accepter les normes et même vous aider à monter un dossier de demande de subventions (les subventions peuvent aller jusqu'à 30 % de l'investissement chambres d'hôtes ou gîte) ;

  • pour être affiliée aux Gîtes de France, vous devez d'abord en avoir l'agrément, puis payer une cotisation annuelle (en 2004, l'ordre d'idée était de 130 € par chambre) et payer une commission pour chaque réservation effectuée ;

Bon courage, mais étudiez bien votre projet avant de vous lancer dans les investissements.

129

J'ai une demeure familiale juste assez grande pour y loger ma famille mais voudrais cependant pouvoir recevoir, dans le cadre de chambres d'hôtes ou de gîte rural, des "clients/amis" afin de me faire un revenu complémentaire.

  • Le terrain, au bout du village, sur lequel donne la maison, serait à vendre, si j'en crois quelques rumeurs, comment puis-je savoir avant de l'acheter si je pourrais construire quelque chose sur ce terrain pour y loger mes hôtes ?

C'est très simple : vous devez aller à la Mairie de votre Commune et demander à consulter le Plan Local d'Urbanisme (PLU) ce que l'on appelait POS (Plan d'Occupation du Sol) précédemment.
Vous verrez si le terrain est considéré comme terrain agricole, constructible, à bâtir et dans ce dernier cas, s'il y a des spécifications sur les constructions pouvant y être construites (hauteur, distance de la route, style de construction, etc.).
Le cas échéant, vous pouvez demander une modification du Plan Local d'Urbanisme (PLU), mais cela doit de nouveau être entériné par le Conseil Municipal et ne peut donc rester confidentiel, ce qui pourrait augmenter les exigences du vendeur.

Souvent, la meilleure solution consiste à vous entendre avec le cédant, en signant un compromis de vente sous réserves que vous obteniez les dérogations que vous souhaitez, sous un délai raisonnable.

Dans le cas que vous décrivez c'est évidemment d'un gîte, et non de chambres d'hôtes, dont il serait question, puisque cela se situe en dehors de votre domicile.
Mais avant de vous lancer, soyez sûre que le marché existe bien, car vous envisagez d'investir dans une construction qu'il faudra bien rentabiliser, donc il faut faire - ou faire faire - une étude de rentabilité avec différentes hypothèses d'occupation et de prix de vente moyen.

Mise à jour septembre 2007 :

  • soit vous avez affaire à une zone agricole dite "zone A" (il s’agit alors des « secteurs de la commune, équipée ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles » - article R. 123-7 du code de l’urbanisme) ;

  • soit d’une zone à urbaniser, dite "zone AU" : l’article R.123-6 du code de l’urbanisme définit ces zones comme pouvant « être classées en zone à urbaniser les secteurs à caractère naturel de la commune destinée à être ouverts à l’urbanisation ».

Ceci voulant dire que dans le premier cas, vos chances d’obtenir une modification des textes par approbation du conseil municipal sont faibles, par contre votre projet se présente bien mieux dans le second cas.
Il y a en plus des distinctions dans ce second classement selon la nature et l’importance de l’assainissement existant à la périphérie immédiate.

208

  • J'envisage d'acheter une ferme dans la Vallée de l'Ouche en Côte d'Or et faire de la location de VTT, QUADS et plus tard promenades équestres qu'en pensez-vous ?

Votre projet est intéressant, mais faites une étude de marché et de rentabilité. Attention aussi, les QUADS sont bruyants et peuvent entraîner des réactions négatives (cette semaine un maire a pris un arrêté les interdisant sur sa commune) : vous vendrez aussi du calme, du repos, ne l'oubliez pas !

Mise à jour septembre 2007 : pour organiser des promenades équestres ou des excursions, vous devez demander l'agrément au service « agence de voyages » de la Préfecture de votre département (Loi N° 92-645 du 13 juillet 1992 – Titre II, article 7).
Pour toutes ces activités n’oubliez pas de revoir vos couvertures assurances.


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