Je n'ai effectivement pas voulu encore rallonger une réponse déjà
peut-être un peu trop prolixe.
Toutes les difficultés dont nous parlons viennent du fait qu'un
nouveau montage financier a été mis sur le marché, découvert par des escrocs dont
certains n'ont pas hésité à vendre, sur le papier, des appartements qui n'existaient
pas, dont la construction n'était même pas envisagée ou qui ne correspondaient en rien
à l'acte de vente, souvent établi sur une base de VEFA (Vente en État Futur
d'Achèvement), c'est-à-dire sur plans.
Je vais donc aller un peu plus loin sur l'aspect juridique et
règlementaire des Ventes en temps partagé (timeshare) :
1- DÉFINITION DU TEMPS PARTAGÉ (TIMESHARE) :
selon les règlements dictés par l'Association des promoteurs de
multipropriétés (Timeshare Developpers' Association) cité par M. Gauguet dans une
conférence à l'Université CORNELL ESSEC - référence IMHI GROUPE ESSEC 189 -
3° trim. 94, il s'agit - je cite - de la vente "d'un droit, quelle que soit la
façon dont il est prouvé ou documenté, d'utiliser et d'occuper une ou plusieurs
propriétés de vacances, périodiquement en fonction d'un arrangement allouant de tels
droits d'usage et d'occupation à d'autres utilisateurs similaires." ;
2- CONTEXTE JURIDIQUE :
La France est l'un des pays européens ayant la législation la plus
précise sur les "DROITS DE JOUISSANCE À TEMPS PARTAGÉ":
- les lois Scrivener, loi 86 - 18, du 6 janvier 1986 et la loi Neiyertz sont applicables
aux ventes en temps partagé ;
- en 1994, une directive européenne a été promulguée pour l'application pour la
protection des acheteurs quels que soient les lieux dans lesquels ils se portent
acquéreurs ;
- enfin, la loi du 8 juillet 1998, issue d'une directive européenne, prévoit :
- un délai de rétractation de 10 jours, après la signature du contrat,
- l'interdiction de percevoir un acompte avant l'expiration de ce délai,
- la rédaction du contrat dans la langue de l'acquéreur,
- elle dispose en outre que le contrat présente "la description des locaux et
leur environnement, le prix initial et les coûts périodiques, le recours à un crédit,
la bourse d'échanges",
- notons également que la COB (Commission des Opérations
en Bourse) surveille attentivement cette activité puisqu'il s'agit d'un
appel à l'épargne publique ;
3- PROMOTEURS DE RÉSIDENCES EN TIMESHARE
En plus des acteurs déjà cités dans la réponse à la question 244, je tiens à préciser que
des grands Groupes hôteliers ont commencé, à des degrés divers, à monter des
opérations en "Timeshare".
Citons par ordre d'importance le Groupe MARRIOTT, puis HILTON,
avec sa filiale spécialisée HILTON GRAND VACATION CLUB qui va construire des résidences
en complément d'Hôtels ou de casinos existant, Disney Vacation Club, filiale de DISNEY
CORPORATION, envisageait d'ouvrir une chaîne de résidences en Timeshare en Europe ;
auraient également des projets les chaînes MÉLIA/SOL (Espagne), OBEROÏ
(Inde).
Ces grandes chaînes hôtelières sont, ou vont aller, sur ce marché
pour financer de nouveaux produits (ne pas oublier que la charge capitalistique de
l'industrie hôtelière est très lourde, identique à celle de la métallurgie
c'est-à-dire, pour les produits classiques, 3 d'investissements pour
1 de chiffre d'affaires, d'où la nécessité d'aider l'investissement par des
approches nouvelles).
Et pour anecdote : signe des temps, l'Université Cornell-Essec de Cergy-Pontoise, consacre plusieurs journées de cours, dans son cycle
universitaire, au "Timeshare", source de financement de nouveaux produits.