Résidences de
tourisme : généralités
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Dans
cette page, vous trouverez les réponses aux questions suivantes : |
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N°24, 159, 244 &
252. |
24
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Je suis actuellement propriétaire d'une maison à côté de mon
restaurant. Je souhaiterais louer des chambres meublées (environ 8) ou des studios mais
ne souhaitant pas créer un hôtel, il me reste la possibilité d'une résidence de
tourisme ou location en meublé. Quels sont les avantages et les inconvénients ?
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Vous ne pouvez créer une Résidence de Tourisme car le nombre de lits
dans ce cas est de 100 et même si une dérogation peut être possible, vous en êtes
très loin.
Vous ne pouvez pas non plus considérer qu'il pourrait s'agir de
chambres d'hôtes car, même si votre restaurant se trouve sous ces locaux, vous n'y
résidez pas.
La location en meublé est possible
avec des locataires à la semaine, au mois ou même y faisant leur domicile.
Je vous livre un extrait de la brochure des Éditions des Journaux
Officiels : "LE TOURISME : LES MEUBLÉS DE TOURISME" LOI DE FINANCE POUR
1966 (J.O. 30/11/65) Extrait - Article 58 :
"I. - Les villas, appartements et chambres meublées, qui sont louées à la
semaine et pour un nombre de semaines n'excédant pas douze, à l'occasion des vacances,
peuvent être classés en catégories selon des normes et une procédure arrêtées par le
ministre des finances et le ministre chargé du tourisme."
Si cette approche vous intéresse, je vous suggère un contact avec
l'Office Départemental du Tourisme de votre département, je n'ai pas d'autres
informations sur ce sujet (vous pouvez bien sûr aller sur http://www.legifrance.gouv.fr et voir les autres
aspects de cette loi de 1966 mais je pense que l'édition du J.O. donne bien l'essentiel). |
159
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Dans quelle
catégorie sommes-nous vraiment ? Nous exploitons 5 bungalows (47 m2 : 1
chambre, 1 SdB, 1 cuisine, 1 terrasse) sous la désignation résidence hôtelière,
location à la semaine, ménage quotidien. Il nous arrive de louer pour 2/3 jours. Nous
recevons entre 10 et 13 personnes maximum.
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Nous nous classons dans la
catégorie : résidence de tourisme, mais le sommes-nous vraiment ?
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En tant qu'ERP seul un extincteur est placé dans la cuisine, de
plus nous ne logeons pas sur place. La femme de ménage assure une présence de 9h00 à
15h00. Quelle règlementation doit-on respecter ?
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Votre classement, effectivement, ne me paraît pas évident, en
effet :
- vous ne pouvez pas être une Résidence de Tourisme puisqu'il faut une capacité
minimale de 100 lits pour être classé dans cette catégorie (arrête 27 avril 1988 -art.
3) ;
- chacun de vos bungalows n'ayant qu'une chambre, vous n'êtes pas non plus ERP puisque
vous n'avez pas plus de 5 chambres ; d'autant que je pense que vos bungalows sont des
immeubles distincts les uns des autres ;
- mais ne logeant pas sur place, vous ne pouvez pas être gîte - sauf par dérogation -
ni chambres d'hôtes ;
Donc, la situation ne me paraît pas simple en termes de règlementation et j'aimerais
savoir ce que les pompiers ou la Commission de Sécurité en penseraient. Quand vous dites
que vous avez installé un extincteur dans la cuisine, je comprends que c'est dans la
cuisine de chaque bungalow ? Je pense, sauf si vous habitez à 50 km, qu'il vous
faudrait réfléchir à un système d'alarme afin que vous puissiez directement ou
indirectement intervenir en cas de sinistre. |
Complément
à Q159
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Pour votre information nous habitons à moins de cinq minutes de
notre résidence.
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Merci pour votre réaction sympathique. Que vous soyez à 5 minutes de vos
bungalows me rassure. Mais je pense qu'il serait souhaitable que vous installiez dans
chacun des bungalows un système d'alarme relié à votre domicile, pouvant basculer si
vous êtes absent ; ceci n'a rien d'obligatoire, mais, en cas de sinistre,
démontrerait que vous ne pouvez être taxé de négligence.
Quant à votre appellation règlementaire, je vous suggère de les
considérer comme des gîtes (ruraux, d'étape selon le contexte) et si, un jour,
quelqu'un vous conteste cette appellation, merci de demander sur quels textes cette
remarque est fondée et de vous en produire par écrit les références ; le flou
actuel de la règlementation me laisse supposer que, pour le moment du moins, vous risquez
peu d'être contredit. |
244
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Pourriez vous me dire quelles sont les
différences entre un hôtel et une résidence hôtelière ?
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Et la différence entre un hôtel et une résidence de tourisme ?
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Première remarque :
Vous noterez que je ne reprends pas votre terminologie de
"résidence hôtelière" car, pas plus que "résidence de service",
cette expression n'a d'existence légale, ce n'est qu'une appellation commerciale ;
l'expression "résidence hôtelière" est cependant utilisée pour les
Résidences de Tourisme qui ne sont pas classées.
Les Résidences de Tourisme ce sont :
1- Poids économique :
- 1983 = 160 000 lits,
- 1986 = 200 000 lits,
- 1989 = 230 000 lits,
- 2000 = 324 000 lits,
- 2004 = 450 000 lits .
2- Définition légale :
"La résidence de
tourisme est un établissement commercial d'hébergement classé, faisant l'objet d'une
exploitation permanente ou saisonnière. Elle est constituée d'un ensemble homogène de
chambres ou d'appartements meublés, disposés en unités collectives ou pavillonnaires,
offerts en location pour une occupation de la journée, de la semaine, ou du mois, à une
clientèle touristique qui n'y élit pas domicile. Elle est dotée d'un minimum
d'équipement et de services communs. Elle est gérée dans tous les cas par une seule
personne ou morale".
3- Classement :
Arrêté du 14/2/86 en 1, 2, 3 et 4 étoiles, mais en fait, il n'y a
pratiquement pas de 1 étoile, peu de 2 étoiles (17 %) et des résidences non
classées (± 30 %)... qui peuvent donc se nommer "Résidences
Hôtelières".
À Paris, par exemple, 66 % du parc est en 3 étoiles.
4- Taille minimale :
J'ai déjà effleuré cette question en répondant à la question 24 sur la page "LMP et LMNP"
ainsi qu'à la question 142 de la page "Gîtes :
Plans" : le nombre minimum de lits est de 100, selon l'arrêté du 14
février 1986, modifié par les arrêtés des 27 avril 1989, 10 avril 1991, et 18 juin
1992 ; mais "le nombre de lits peut être réduit, par dérogation accordée
par le Préfet, après avis de la C.D.A.T., en faveur des autres catégories d'hôtels qui
solliciteraient un classement en Résidences de Tourisme".
Ce qui veut donc bien dire qu'un hôtel peut devenir une résidence de tourisme par
décision du Préfet, suivant dossier déposé auprès de la C.D.A.T. (Commission
Départementale d'Action Touristique).
5- Nature des locaux :
Ils peuvent être :
des chambres traditionnelles, mais disposant de kitchenettes ;
des appartements meublés de type F1 (soit un peu plus grand que les
chambres) ;
des hôtels avec kitchenettes ;
des appartements type F.2, F.3, F.4 c'est-à-dire avec 1, 2 ou 3
chambres.
Il peut s'agir d'un seul bâtiment ou d'une ou plusieurs unités
pavillonnaires.
6- Durée des séjours :
la chambre ou l'appartement peut être loué à la journée, à la
semaine ou au mois. Mais le client ne peut pas y élire "officiellement
domicile" ;
en milieu urbain, un pourcentage important de l'offre peut être
loué en bureau, pour la journée, la semaine ou pour plus longtemps, en particulier pour
les sociétés, en création ou s'installant dans la ville ; selon le SNRT -
("Syndicat National des Résidences de Tourisme" 177, avenue Achille Peretti -
92200 Neuilly-sur-Seine - tél. 01 47 38 35 60), la durée moyenne de séjour à Paris est
de 10 jours.
7- Équipement général minimum :
cuisine ou coin cuisine : évier, réchaud à
plusieurs foyers, four ou rôtissoire, réfrigérateur, lave-vaisselle, placards, hotte ou
ventilation, vaisselle et ustensiles en nombre suffisant ;
sanitaires : lavabo, baignoire ou douche ;
toilette séparée ou dans la salle de bains, sauf si l'unité d'habitation comporte plus
de 4 ou 5 lits, selon le nombre d'étoiles ;
téléphone : dans chaque unité
d'habitation ;
TV : possible sur demande.
Tous les détails sur les équipements, sont listés dans l'Annexe II
de l'Arrêté du 14 février 1986.
8- Prestations :
petits déjeuners : ils peuvent être servis
dans une salle spéciale, mais ce n'est pas obligatoire ; ce service peut ne pas
être rendu du tout ; cependant, sans vouloir entrer trop dans les détails,
précisons cependant que les "quasi-hôteliers", créés par la loi des finances
rectificative de 1990, sont dans l'obligation de proposer une prestation de petits
déjeuners ;
Nettoyage : aucune obligation qu'il soit fait
journellement, mais seulement en fin de séjour (ce qui paraît bien le
moins !) ; à la demande et en payant, il peut être fait journellement, le
linge, par exemple, pouvant être changé tous les jours ;
Blanchissage et pressing personnel sur demande, mais
service non obligatoire ;
Service traiteur ou de plats surgelés possible,
mais pas obligatoire ;
Garage ou parking : conformément au règlement
d'urbanisme de la commune.
9- Surfaces minimales (recommandées par le SNRT) :
Studio pour 2 personnes = 20 m2 ;
Studio pour 4 personnes = 20 à 25 m2 ;
F.2 jusqu'à 4 personnes = 35 m2 ;
F.2 jusqu'à 5 ou 6 personnes = 50 m2 ;
F.3 jusqu'à 8 personnes = 70 m2.
En fait, les Résidences de Tourisme, situées dans des stations de
sports d'hiver (37 %) et les stations balnéaires (47 %) ont, en principe, des
surfaces supérieures à celles-ci, recommandées par le SNRT - déjà cité -
car les clients y ont des durées de séjours plus longues ; les indications
ci-dessus, concernent plus spécialement les résidences urbaines (10 %) ou
campagnardes (6 %).
L'Arrêté du 14/2/86 et suiv. - déjà cité - n'impose que les
surfaces suivantes : "Studio pour deux personnes (coin cuisine compris) de 9 à
15 m2 selon le nombre d'étoiles, de 7 à 10 m2 supplémentaires par chambre
supplémentaire, de 2 à 3m2 par lit supplémentaire avec un maximum de 3 lits par
pièce".
10-Protection contre les risques d'incendie et de panique :
Alors que les hôtels sont régis, selon le Règlement de Sécurité du
25 juin 1980, pour la prévention contre les risques d'incendie et de panique, concernant
les établissements recevant du public (ERP), les Résidences de Tourisme, suivant
l'arrêté du 14 février 1986, déjà cité, précise, dans l' annexe II, qu'il faut
appliquer les dispositions de l'arrêté du 30 janvier 1978 : "Règles de
construction spéciale à l'habitat de loisirs à gestion collective".
Dans son article 1er, cet arrêté dispose que : "Les
hôtels à voyageurs et hôtels meublés sont exclus du champ d'application du présent
arrêté et doivent répondre aux dispositions... du décret n° 73-100 du 31/10/73
relatif à la protection contre les risques d'incendie et de panique dans les
établissements recevant du public."
Donc les Résidences de Tourisme ne sont pas considérées comme ERP : en
conséquence, la présence d'un membre du personnel ou de direction la nuit, n'est pas une
obligation, ce qui est logique puisqu'il s'agit d'habitat de loisirs à gestion
collective, ce que le SNRT appelle une location hôtelière.
Cependant, l'on ne peut que recommander la présence d'un
veilleur/réceptionniste de nuit - sécurité et service à la clientèle - dès que la
Résidence est d'une certaine importance, en taille ou en qualité.
Cet arrêté donne aussi les précisions, dans ses articles de 5 à 10,
sur l'accessibilité des escaliers, les sorties de secours, les unités de passage, les
portes coupe-feu, les évacuations de fumée, les éclairages de sécurité et la
signalisation...
11-Accessibilité aux personnes à mobilité réduite :
Ce sont les dispositions du décret n° 78-109 du 1er février 1978
qu'impose l'arrêté du 14 février 1986 et suivant avec, bien sûr, toutes les nouvelles
dispositions législatives plus récentes que l'on peut retrouver dans l'Édition des
Journaux Officiels "l'Intégration des Handicapés dans la société" Collection
Législation et règlementation : www.journal-officiel.gouv.fr
12-Personnel :
Il peut être très réduit (puisque aucune restauration n'est
obligatoire et que les principaux services, qu'ils soient obligatoires ou non, peuvent
être externalisés) :
Direction, éventuellement avec un
secrétariat ;
Réception, les durées moyennes de séjours étant
plus longues que dans l'hôtellerie - donc moins de "mouvements", ce service,
peut aussi gérer réservations, planning, facturation clients, téléphonie et tous les
contacts clients ; le personnel de réception et/ou de direction doit parler une ou
deux langues étrangères (dont l'anglais) selon le classement ;
Commercialisation : selon appartenance ou non
à un réseau (support Internet essentiel : voir le Blog des Experts "Pour
commercialiser vos chambres - du dépliant... à internet") ;
Gouvernant(e) : fonction pouvant, dans les
petites unités, être tenue par la direction et/ou la réception ;
Femmes de chambres ou de ménage, selon les
prestations rendues et suivant l'externalisation éventuelle du travail ;
Maintenance : peut être externalisée.
C'est la Convention Collective Nationale des HCR du 30 avril 1997 qui
s'applique (voir
la CCN sur le site lhotellerie-restauration.fr).
13-Statut juridique :
Il faut être conscient, qu'il s'agit d'un double produit, immobilier
d'une part, locatif de l'autre :
Produit immobilier : dans celui-ci, le système
juridique de la copropriété domine largement sous sa forme classique ou sous celle de la
multipropriété. Ce produit immobilier s'entend, le plus souvent meublé et totalement
équipé.
- Le produit locatif : souvent géré par une société de gestion
(voir ci-dessous au point N°15) qui s'engage à un loyer, le plus souvent accompagné de
garanties et/ou cautions ; considérer qu'il s'agit du même métier que
l'hôtellerie classique, serait une erreur d'approche. Mais, il peut être aussi gardé
partiellement par l'acheteur pour sa jouissance propre ou celle de ses proches ; une
formule mixte consistant à se réserver quelques semaines dans l'année et en mettant les
autres périodes en location soit directement soit par le biais de société de gestion.
14-Montage financier :
C'est un point intéressant à aborder car les Résidences de Tourisme
bénéficient d'incitations fiscales destinées à améliorer l'équipement et
l'aménagement du territoire.
Sans entrer dans le détail des lois Perisol, Besson, Demessine, dite
"loi des Zones de Revitalisation rurale", disons seulement qu'il est possible
d'investir, selon le cas, en défiscalisation ou en réduction d'impôt, dans du neuf ou
de l'ancien, avec possibilité d'amortissement fiscal, le déficit foncier pouvant aussi
être déductible du revenu global de l'investisseur.
Sur la loi Demessine en particulier, où il faut que le logement de la
Résidence de Tourisme soit destiné à la location nue avec un bail minimum de 9 ans
entre l'investisseur et l'exploitant, l'on pourra consulter le site : www.moinsdimpot.com.fr où
cette loi est commentée.
Si l'on ajoute à ces avantages, la possibilité de contracter un
emprunt pour financer tout ou partie de l'investissement, on crée une charge, par les
intérêts, qui viendra en déduction des revenus de la location.
Mais, comme dans d'autres métiers, l'avantage de la défiscalisation
ne doit pas cacher l'intérêt et le risque de toute création ; le capital investi
doit garder, au moins sa valeur, doit pouvoir être revendu, à des bonnes conditions, les
revenus ne devant pas être inférieurs aux frais d'entretien, de gestion... Quelques
opérations en "temps partagé" (timeshare) ont laissé des souvenirs douloureux
à des investisseurs obnubilés par l'avantage fiscal immédiat de l'opération, il
importe donc d'abord d'être sûr du sérieux des intervenants, promoteur et exploitant et
de vérifier évidemment l'existence du marché pour le produit envisagé.
15-Principaux acteurs du secteur :
Orion, Pierre et Vacances, Les Citadines, Maeva, Flatotel, Odalys,
Lagrange, Mer et Golf, Présideal, Madeo... et de nombreux indépendants gérant souvent
des capacités plus petites.
Sources :
- Hôtels, restaurants et résidences de tourisme - Législation et Réglementation -
Édition des Journaux Officiels n° 1088 ;
- Le tourisme - Législation et Réglementation - Édition des Journaux Officiels
n°1764 - www.journal-officiel.gouv.fr ;
- L'article 199 decies E du code général des impôts sur les règles
applicables aux réductions d'impôts accordées au titre des investissements immobiliers
locatifs réalisés dans des résidences de tourisme ;
- Code du Tourisme : section 2 - Article L421-3 (réductions d'impôts) ;
- Site du Syndicat National des Résidences de Tourisme : www.snrt.fr
177, avenue Achille Peretti - 92200 Neuilly-sur-Seine - 01 47 38 35 60 ;
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252
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J'ai été très
intéressé par votre complète réponse à la question 244 sur les Résidences de
Tourisme et les Résidences Hôtelières. Vous abordez - et cela peut intéresser vivement
ceux qui veulent monter des opérations en parahôtellerie - la multipropriété ou le
temps partagé ou "timeshare", ne cachant pas que, dans les débuts de ces
activités, quelques opérations en temps partagé (timeshare) ont laissé des souvenirs
douloureux à des investisseurs obnubilés par l'avantage fiscal immédiat de
l'opération.
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En plus du fait de s'adresser à des promoteurs sérieux, comme
vous le conseillez, il y a-t-il aujourd'hui, plus de garanties que par le passé ?
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Je n'ai effectivement pas voulu encore rallonger une réponse déjà
peut-être un peu trop prolixe.
Toutes les difficultés dont nous parlons viennent du fait qu'un
nouveau montage financier a été mis sur le marché, découvert par des escrocs dont
certains n'ont pas hésité à vendre, sur le papier, des appartements qui n'existaient
pas, dont la construction n'était même pas envisagée ou qui ne correspondaient en rien
à l'acte de vente, souvent établi sur une base de VEFA (Vente en État Futur
d'Achèvement), c'est-à-dire sur plans.
Je vais donc aller un peu plus loin sur l'aspect juridique et
règlementaire des Ventes en temps partagé (timeshare) :
1- DÉFINITION DU TEMPS PARTAGÉ (TIMESHARE) :
selon les règlements dictés par l'Association des promoteurs de
multipropriétés (Timeshare Developpers' Association) cité par M. Gauguet dans une
conférence à l'Université CORNELL ESSEC - référence IMHI GROUPE ESSEC 189 -
3° trim. 94, il s'agit - je cite - de la vente "d'un droit, quelle que soit la
façon dont il est prouvé ou documenté, d'utiliser et d'occuper une ou plusieurs
propriétés de vacances, périodiquement en fonction d'un arrangement allouant de tels
droits d'usage et d'occupation à d'autres utilisateurs similaires." ;
2- CONTEXTE JURIDIQUE :
La France est l'un des pays européens ayant la législation la plus
précise sur les "DROITS DE JOUISSANCE À TEMPS PARTAGÉ":
- les lois Scrivener, loi 86 - 18, du 6 janvier 1986 et la loi Neiyertz sont applicables
aux ventes en temps partagé ;
- en 1994, une directive européenne a été promulguée pour l'application pour la
protection des acheteurs quels que soient les lieux dans lesquels ils se portent
acquéreurs ;
- enfin, la loi du 8 juillet 1998, issue d'une directive européenne, prévoit :
- un délai de rétractation de 10 jours, après la signature du contrat,
- l'interdiction de percevoir un acompte avant l'expiration de ce délai,
- la rédaction du contrat dans la langue de l'acquéreur,
- elle dispose en outre que le contrat présente "la description des locaux et
leur environnement, le prix initial et les coûts périodiques, le recours à un crédit,
la bourse d'échanges",
- notons également que la COB (Commission des Opérations
en Bourse) surveille attentivement cette activité puisqu'il s'agit d'un
appel à l'épargne publique ;
3- PROMOTEURS DE RÉSIDENCES EN TIMESHARE
En plus des acteurs déjà cités dans la réponse à la question
244, je tiens à préciser que des grands Groupes hôteliers ont
commencé, à des degrés divers, à monter des opérations en "Timeshare".
Citons par ordre d'importance le Groupe MARRIOTT, puis HILTON,
avec sa filiale spécialisée HILTON GRAND VACATION CLUB qui va construire des résidences
en complément d'Hôtels ou de casinos existant, Disney Vacation Club, filiale de DISNEY
CORPORATION, envisageait d'ouvrir une chaîne de résidences en Timeshare en Europe ;
auraient également des projets les chaînes MÉLIA/SOL (Espagne), OBEROÏ
(Inde).
Ces grandes chaînes hôtelières sont, ou vont aller, sur ce marché
pour financer de nouveaux produits (ne pas oublier que la charge capitalistique de
l'industrie hôtelière est très lourde, identique à celle de la métallurgie
c'est-à-dire, pour les produits classiques, 3 d'investissements pour
1 de chiffre d'affaires, d'où la nécessité d'aider l'investissement par des
approches nouvelles).
Et pour anecdote : signe des temps, l'Université Cornell-Essec de Cergy-Pontoise, consacre plusieurs journées de cours, dans son cycle
universitaire, au "Timeshare", source de financement de nouveaux produits. |

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