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La féminisation de la clientèle Le taux d'activité des femmes est en augmentation constante : elles étaient moins de 70 % en activité en 1980 et sont près de 90 % aujourd'hui. La féminisation de la société de consommation est en marche, les valeurs féminines prennent le dessus dans la société, on le constate dans des domaines tels que l'automobile, l'alimentation ou la mode. De ce côté, la restauration a un chantier énorme à effectuer pour rattraper son retard. Sans compter que la demande des femmes est sophistiquée et tout en nuance...
La femme, est de plus en plus considérée comme la cible privilégiée des stratégies marketing. Les attitudes et les comportements se sont largement féminisés depuis quelques années également chez les hommes. Objet de toutes les attentions des professionnels, la femme est donc considérée comme le centre décisionnel pour les dépenses de consommation. La vie professionnelle des femmes exprime leur désir d'indépendance, d'épanouissement et de réussite. Selon l'INSEE, le taux d'activité des femmes de 25 à 49 ans est passé de 58.6 % en 1975 à 82 % en 2006. La progression du nombre de femmes dans les postes de cadres et les professions intellectuelles supérieures est sensible : elles représentaient 18,5 % de cette catégorie en 1990 et 32 % aujourd'hui, leur conférant un pouvoir d'achat de plus en plus important. Tenant les rênes du budget du ménage, elles achètent ou influencent l'achat de 70 à 80 % de tous les produits. Tandis que l'homme achète pour lui-même, la femme achète pour elle et pour toute la famille. Avec cette tendance évoquée depuis 2002 par Gira sic conseil dans ses différentes études comportementales, les professionnels doivent s'adapter de manière à séduire instantanément le cœur des femmes mais aussi l'esprit. En cela, il leur faut modifier leur approche marketing. Garante de la qualité de vie de son entourage, sensibilisée aux questions éthiques et environnementales, réceptive aux aspects santé, bien-être ou bio, et en même temps soucieuse de l'efficience de ses choix, la consommatrice est attirée par les produits sains qui correspondent à cette recherche de bien-être. Cette plus grande attention de soi, y compris chez les hommes, est le résultat de la montée en puissance des valeurs dites féminines. Cette nouvelle approche marketing nécessite de proposer des produits et services spécialisés pour que la femme ait le sentiment d'être unique. Elle s'appuie sur des discours construits et aime confronter les points de vue avant de prendre une décision. C'est pourquoi c'est une cible très infidèle dans ce sens où à la moindre déception elle se rendra chez le concurrent et le divulguera autour d'elle (marketing viral). Par ailleurs les femmes sont bien entendu désireuses de solution repas rapide associée à une cuisine variée, amusante, équilibrée, sûre et saine, lui permettant de combiner sa vie professionnelle et sa vie de famille. Les professionnels de la grande
distribution ont tenté de répondre à cette demande via la vente de plats
cuisinés en grande surface. La société « Chaud devant » a
bien compris les nouvelles habitudes alimentaires des français qui se résument à
: consommer un repas comme au restaurant ou à la maison sans perdre de temps.
La société « Chaud devant » se charge alors de se rendre dans les restaurants ou sur une plate forme de distribution pour récupérer les plats commandés et de les livrer au client. < Le "snacking" sain C'est en effet le cas avec les
attentes des consommateurs motivés par une volonté de consommer plus sainement.
< Le snack pratique à emporter Les goûters et les en-cas sont
les moments privilégiés pour le grignotage. Ils ont pris une place conséquente
chez les jeunes avec les barres chocolatées, les biscuits... et ils s'attaquent
désormais aux adultes de tous âges et de toutes catégories
socioprofessionnelles. Par conséquent le consommateur ira de moins en moins vers le produit, c'est le produit qui devra aller de plus en plus vers le consommateur. Les circuits de consommation doivent donc être raccourcis. Il s'agit ici de proposer des solutions alimentaires rapides, saines et équilibrées. Les consommateurs sont à la recherche d'une cuisine « comme à la maison », c'est-à-dire la plus simple et demandent une offre de plats plutôt traditionnels à consommer le midi. L'aventure n'est absolument pas recherchée dans cette fonction.
De manière générale, les quantités dans les assiettes réduisent et les assiettes sont de plus en plus petites. Les femmes veulent effectivement des portions moins grandes, mais ne veulent pas ressentir de restriction et cherchent plutôt l'idée d'abondance (ex. : plusieurs plats pour un prix forfaitaire). Le partage et la convivialité sont des valeurs très féminines, ce qui fait le succès aujourd'hui des mini-portions... Elles n'aiment pas les menus ou le fromage et le dessert sont au choix, elles ne veulent pas être limitées par le restaurateur, même si elles ne mangeront pas le menu en entier. Elles sont déçues par une assiette où un produit coûteux se retrouve en petite quantité. Elles n'aiment pas l'idée du hors d'uvre à volonté où il faut se lever mais ne sont pas contre les desserts à volonté. Pour elles, le restaurant est un lieu de plaisir qui exclut la privation. Si elles pensent à leur ligne, elles ne le font pas au restaurant et ne demandent pas au restaurateur de le faire à leur place. Les produits allégés, les menus végétariens sont donc peu appréciés lorsqu'ils sont mis en avant, mais s'il y en a tant mieux. Elles n'aiment pas qu'on leur dise ce qui est bon pour elles, ni ce qu'elles doivent prendre. Le restaurant représente l'inverse du quotidien et de la préparation des repas à la maison : il est l'excès qui contrebalance les restrictions et il reste dans ce cadre un moment exceptionnel (en terme de budget, de ligne, etc.). Pour elles, le restaurant doit être déculpabilisant.
Entrer dans un lieu inconnu n'est pas un obstacle pour un homme. Contrairement aux femmes, qui ont besoin de savoir où elles vont (elle en a entendu parler, on lui a recommandé, etc.). Mais, peu à peu, les hommes suivent aussi ce mouvement. Jusqu'à récemment, manger rapidement et économique, se résumait au troquet du coin. Avec l'arrivée de la Brioche dorée ou Paul, les femmes ont préféré ces espaces plus éclairés, plus hygiéniques, moins enfumés et plus qualitatifs, c'est ce qu'on appelle la féminisation en terme d'offre. Les femmes peuvent aller déjeuner seules à la Brioche Dorée, en toute sécurité (même si elle est purement psychologique). Plus récemment des concepts comme Jour, Cojean, Fines herbes, ou Eat Me vont encore plus loin dans la féminisation de l'offre. En groupe, elles ne veulent avoir aucun contact avec les autres clients, ne veulent pas que leurs voisins de table écoutent leur conversation (surtout en région). Elles ne vont pas manger seules au restaurant, excepté dans les lieux de restauration rapide et sauf obligation liée au travail. Dans l'ambiance masculine des lieux, elles se sentent alors isolées, regardées, perçues comme un éventuel objet sexuel.
Elles sont plus attentives au goût, savent l'expliquer et demandent en échange ce qui compose le plat (ce qui implique d'être capable de répondre très précisément). Elles sont sensibles à la qualité, aux plaisirs gustatifs (le cocktail de fruits avec ou sans alcool est un axe à travailler), au décor intérieur et extérieur, à la fréquentation du lieu, à l'espacement des tables, à la musique et à l'accueil.
Souvent en charge des dépenses du foyer, les femmes sont plus attentionnées au prix. Elles détestent les suppléments et préfèrent les prix ronds, faciles à retenir. À Paris, elles font plus attention au prix parce qu'elles sortent plus souvent au restaurant, alors qu'en région, la tradition veut qu'on ne regarde pas à la dépense de cette sortie.
Le contact avec le personnel de service est exigeant, surtout chez les parisiennes, qui souhaitent être traitée avec élégance et respect. Le restaurant reste un univers masculin très sexualisé où les femmes doivent se sentir en sécurité, et non pas agressées (pas de blagues "lourdes", ni de comportements insistants). Le serveur doit donc garder une certaine distance, même si les clientes apprécient la décontraction et la complicité. Le personnel masculin doit gérer le service de manière harmonieuse, attentionné, être propre dans sa tenue et physiquement (coiffure, ongles, etc.), renouveler le pain sans qu'elle ait à demander, etc. apporter l'addition au bon moment, tirer la chaise et retirer le manteau, ne pas couper la conversation, offrir des cadeaux (apéritif, chocolat avec le café, boite d'allumette) spontanés. Les femmes sont plus critiques envers les serveuses, elles ne leur pardonnent pas les fautes de maintien et de goût.
Beaucoup de femmes vivant en régions vont dans les "grandes villes" pour ne pas être reconnues. Elles sont sensibles au qu'en dira-t-on mais elles apprécient de voir et d'être vues, elles choisissent leur restaurant selon leur classe sociale. Les provinciales craignent de fréquenter des restaurants à cuisine étrangère, ou trop originaux mais aiment bien changer de restaurant dans les petites villes. Dans les grandes villes, les femmes ont plus l'habitude de sortir et sont plus sensibles aux modes.
Le poisson, les légumes, les fruits de mer, les cocktails de fruits légèrement alcoolisés, être étonnées par les formules, être servies par des hommes, avec humour, les espaces ouverts avec vue sur l'extérieur... < Elles n'aiment pas La viande rouge en grande quantité, la diététique indiquée tel quel, les menus avec de l'attente, les files d'attente, des services trop rapides, le poulet... Poser une nouvelle question Protection de vos données - Signaler un contenu illicite | |||||||