Qu'en est-il 3 semaines
après ?
Cette baisse de la TVA de 19,6 % à 5,5 % a été une formidable opportunité pour
les restaurateurs. Redonner l'envie ou la possibilité de consommer plus à
l'extérieur du domicile dans toutes les formes de restauration. Je cite une
remarque "des clients insatisfaits" qui illustre bien la situation : "Pour savoir si les
prix baissent, il faudrait déjà avoir les moyens d'aller au resto."
Près de 3 semaines après le passage à 5,5 % pour toute la restauration, pour
tous les modes de distribution, qu'elle soit consommée sur place ou à emporter,
on peut distinguer 2 grandes catégories de restaurateurs :
CEUX QUI NE FONT RIEN
- Ceux qui ont des frais de personnels élevés et des coûts matières élevés pour
une prestation haut de gamme ne souhaitent pas la brader.
- Ceux qui attendent quelques mois de regonfler leur trésorerie en difficulté
pour appliquer le contrat d'avenir.
- Ceux qui continuent à abuser dans leurs tarifs grâce à un emplacement qui fait
que le monde sera toujours là… mais jusqu'à quand ?
- Ceux qui ne peuvent vraiment rien faire tellement leur difficulté est grande.
CEUX QUI ONT FAIT QUELQUE CHOSE
- Ceux qui baissent spectaculairement des produits qui ne se vendent pas.
- Ceux qui baissent spectaculairement les produits qui se vendent le plus.
- Ceux qui baissent les prix en le communiquant très fort pour attirer, mais qui
ont modifié à la baisse la qualité et/ou la quantité de l'assiette.
- Ceux qui créent des nouveaux menus et plats en communiquant sur une baisse.
- Ceux qui en profitent pour investir sur du matériel ou des normes
prochainement obligatoires non visibles par les clients.
Quoi qu'il en soit, nous n'avons pas à faire à une profession qui agit
massivement de la même manière, on ne peut donc pas parler de l'application de
cette baisse de la TVA par les restaurateurs sans faire de nombreuses
distinction s et catégories.
Les restaurateurs qui ne font rien n'ont peut-être pas bien compris qu'ils vont
sentir le poids de la mesure à la mi-août au moment de leur déclaration de TVA
du mois de juillet !
D'autre part, une question et non des moindres pointe à l'horizon : que faire
lors de la carte d'hiver que chacun va mettre en place dès le mois d'octobre ou
novembre ? Pourra-t-on augmenter les prix ? Que faire avec les nouveaux produits
qui n'étaient pas sur la carte d'été ?
Et puis un consommateur dans "parole de consommateurs" ouvrait une autre piste
en disant : "Laissez-les reprendre leur souffle - pendant des années ils
achetaient à 5,5 et étaient taxés à 19,6 à la revente." Sans parler de ce
restaurateur parisien, le restaurant italien ‘Mori Vénice Bar' à Paris, Massimo,
où le patron campe à sa façon le personnage de Brighella, l'aubergiste de la
Comedia dell'Arte, en proposant au déjeuner un menu intitulé : "Merci Nicolas",
dans lequel les prix de 14 plats répercutent l'incidence du changement…