Pour que l’analyse soit plus juste : prendre en compte l'inflation sous-jacente

A défaut que quelqu’un d’autre prenne la parole, le sénateur UMP Michel Houel la prend en défendant les restaurateurs ! Il dit la même chose que moi mais avec des arguments différents très intéressants. Certes, l’'objectif n'est pas atteint en termes de baisse des prix évoqués dans le contrat d’avenir. Le sénateur dit qu’il fallait prendre en compte l'inflation sous-jacente pour que l’analyse soit plus juste. C’est vrai, il fallait y penser ! Bref, les prix n'auraient baissé que de 2,5 % contre 3 % attendus par le gouvernement. Ces chiffres sont obligatoirement loin de la réalité. Car à l’allure où les restaurateurs changent leur carte, inventent de nouvelles formules pour attirer des consommateurs de plus en plus sensibles aux prix, je ne vois pas comment il est possible aujourd’hui de mesurer avec précision et réalité la baisse des prix depuis le 1er juillet 2009. En revanche, la seule chose dont on est sûr, c’est que la dépense moyenne dans la restauration sur un peu plus de 24 mois a régressé de 5 à 6 % ! Pour la Cour des comptes en tout cas, le résultat est insuffisant, puisqu’ils se basent sur les chiffres de l’Insee. La baisse des prix reste beaucoup trop illisible pour le consommateur. Je ne suis pas sûr que les consommateurs aient aujourd’hui la même opinion sur ce sujet qu’en juillet 2009 ! Sinon pourquoi les fréquentations repartiraient à la hausse ? Notre sénateur, lui, dit qu’en moyenne une baisse des prix de 1 % se serait accompagnée d'une hausse du chiffre d'affaires hors taxe de 1,1 %.
On oublie également de dire que les salaires ont été augmentés. L’accord social de décembre 2009 prévoyait à cet égard, une "prime TVA" de 2 % du salaire brut, deux jours de congés supplémentaires et la mise en place d'une mutuelle de branche. Selon le gouvernement, avec la nouvelle convention collective de branche, les salaires auraient même augmenté en moyenne de 3,04 % depuis cette date.
Michel Houel propose même que le contrat d'avenir scellant les engagements de la profession et de l'Etat, prévu sur 3 ans, soit prolongé à "5 ans", ce qui donnerait aux restaurateurs une plus grande visibilité. Excellente idée Monsieur le sénateur !
Une suggestion ! Pourquoi l’Insee ne nous donne pas cette fameuse liste d’entrées, plats et desserts qu’il utilise pour mesurer l’inflation dans la restauration ? Cela nous permettrait de vérifier si cette liste correspond à ce que les clients consomment aujourd’hui ! L’Insee n’a peut-être pas pris en compte la déstructuration des repas, des plats consommés plus légers, l’impasse sur les desserts et les liquides de plus en plus clairs sur les tables !



Poser une nouvelle question
Nom : Vous pouvez utiliser un pseudonyme pour rester anonyme
Titre :
Message : 
Email : Pour être alerté des nouvelles réponses
Votre email ne sera utilisé que par L'Hôtellerie Restauration
Je déclare accepter l'éthique des blogs des experts

Protection de vos données  -  Signaler un contenu illicite


© Copyright L'Hôtellerie Restauration - Tous droits réservés - REPRODUCTION INTERDITE