À New York, le rêve américain
à portée de fourchette
Avec les «success stories» de chefs français aux
États-Unis, le rêve américain a
encore de beaux jours devant lui. Mais avant d’atteindre les
étoiles, pour les candidats au départ, formalités riment
souvent avec difficultés.
Laure Guilbault
 Daniel Boulud, Jean-Georges
Vongerichten, Eric Ripert, autant de réussites américaines
qui suscitent des vocations parmi les jeunes dans
l’industrie de la restauration. «Ce qui m’a incité à venir,
c’est de travailler dans un grand restaurant, dans une
grande ville. New York est une ville impressionnante,
surtout quand on vient d’une petite ville de la région du
Havre. On rencontre beaucoup de gens», dit Benjamin Tremauville, 20 ans, en contrat de formation au restaurant
Daniel, avec des étincelles dans les yeux.
Postuler
L’arrivée peut être à la fois intimidante et excitante. Mais
avant d’y parvenir, le parcours est parfois chaotique
d’autant que les places sont rares. Il y a des étapes
auxquelles les toques en herbes n’échappent pas. La première
d’entre elles : la candidature. «Les CV des Américains sont
très compétitifs», avertit Cynthia Billeaud, directrice des
ressources humaines du groupe Dinex, l’empire de Daniel
Boulud. Le groupe qui regroupe les restaurants Daniel, DB
Bistro Moderne, Café Boulud compte environ 90 % d’Américains
dans ses effectifs. En dépit de l’aura de la gastronomie
française aux États-Unis, la «French touch» ne suffit pas
pour être recruté. Mieux vaut donc ne pas tout miser
là-dessus. «Les atouts que l’on recherche sont une très
bonne formation et un bon temps de travail chez un très bon
chef. Ce n’est pas en dansant d’un restaurant à l’autre que
l’on peut apprendre», dit Daniel Boulud. «Il y a
d’excellents chefs dans les régions de France qui font un
travail extraordinaire même s’ils ne font pas du foie gras
ou de la truffe blanche», ajoute-t-il.
Vaut-il mieux arriver à New
York au tout début de sa carrière ou avec un bagage
professionnel ? Tous les cas de figure semblent être
possibles, même s’il vaut mieux avoir un peu de bouteille et
avoir travaillé pour d’autres chefs d’abord. «L’idéal est
d’arriver vers 25 ans. On peut arriver comme chef de parti,
puis devenir sous chef, senior sous chef, et chef. Si l’on
arrive trop jeune, on ne peut pas évoluer aussi vite. Après,
il est peut-être plus difficile de s’adapter», dit Daniel Boulud, qui est lui-même venu aux
États-Unis à cet âge-là.
Laurent Tourondel a travaillé pour Joël Robuchon ainsi qu’au
restaurant trois étoiles Michelin, le Relais & Châteaux
Troisgros, avant de débarquer aux États-Unis. Nicolas Cantrel, chef du restaurant Bobo, a passé neuf ans au
service de «Monsieur Ducasse» avant de venir pour
l’ouverture du restaurant d’Alain Ducasse Mix, qui a fermé
depuis.
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cliquer iciL'Hôtellerie Restauration n° 3059 Hebdo 13 décembre 2007 Copyright © - REPRODUCTION
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